« Mon jardin sauvage, fleuri et productif » de Gertrud Franck

Publié le 17 octobre 2026
mon jardin sauvage fleuri et productif Gertrud Franck
  • Titre : Mon jardin sauvage, fleuri et productif
  • Autrice : Gertrud Franck, jardinière allemande, pionnière des cultures associées
  • Éditeur : Terre vivante (Paris), 1986
  • Format : 124 pages, ISBN 2-904082-11-5 (978-2-904082-11-5)
  • Genre : guide de jardinage biologique (potager, cultures associées, compost en surface)
  • Disponibilité : épuisé chez l’éditeur, à chercher d’occasion ou en bibliothèque (notice de la BnF)

Je vais être franc : je suis arrivé à l’École du Breuil, l’école d’horticulture de la Ville de Paris, pour apprendre à aménager un potager bio, pas pour me convertir. Une formation, des plans de culture, quelques heures les mains dans la terre. Rien de plus. C’était sans compter sur le formateur. Adepte de Gertrud Franck, il la cite comme d’autres citent leurs classiques, avec cette tranquillité de quelqu’un qui a vérifié sur le terrain. En sortant, j’ai commandé le livre. Pas le lendemain : en sortant. Et je le recommande à tous ceux qui cultivent un potager.

Le livre s’appelle Mon jardin sauvage, fleuri et productif. Terre vivante l’a publié en 1986. C’est un petit format de 124 pages, épuisé depuis longtemps chez l’éditeur. Il faut donc aller le chercher d’occasion. Gertrud Franck est une jardinière allemande, pas une théoricienne. Sa méthode tient en trois décennies de pratique dans son propre jardin. Son grand livre, Gesunder Garten durch Mischkultur, sorti en 1980, a connu huit éditions outre-Rhin. On le trouve en français sous le titre Un jardin sain grâce aux cultures associées. Les cultures associées, elle les pratiquait donc bien avant que le mot « permaculture » s’imprime sur les sacs de terreau.

L’épinard, engrais vert et plan du potager

Le système de Gertrud Franck tient en une image. Des rangs parallèles, espacés d’une cinquantaine de centimètres. Pas un mètre carré de terre nue. Au printemps, elle sème de l’épinard partout, sur toute la surface, à cet écartement. Pour la soupe ? Accessoirement. L’épinard sert ici d’engrais vert, c’est-à-dire une plante semée d’abord pour couvrir et nourrir le sol plutôt que pour la récolte. Ces lignes vertes ont un rôle stratégique. Elles tracent le plan du jardin pour l’année, tiennent le sol et protègent les jeunes plants installés entre elles. Une fois coupées, elles se couchent sur place, nourrissent la terre et deviennent des allées. Le reste du potager s’organise dans les intervalles, par affinités.

L’épinard, une plante qu’on sème de toute façon et qui sort tôt, rend donc quatre services : il dessine le plan, couvre le sol, abrite les semis, puis nourrit la terre en devenant allée. Il disparaît ensuite sans bruit quand les cultures d’été prennent la relève. Je cherche encore le défaut. Je n’en trouve pas.

Composter sur place plutôt qu’en tas

Pour Gertrud Franck, le tas de compost n’existe pas dans la nature : elle composte en surface, directement entre les rangs. Et là, elle tire dans le tas. Littéralement. Dans les manuels de jardinage bio, le composteur est sacré. On l’installe au fond du jardin, on le retourne, on le surveille, on en parle entre voisins comme d’un animal domestique. Gertrud Franck rappelle une évidence que personne ne semble avoir remarquée. En forêt, personne ne ramasse les feuilles pour les entasser dans un coin. Elles pourrissent là où elles tombent. Alors elle composte sur place. Les résidus de culture restent au pied des plantes qui en ont besoin. Plus d’allers-retours avec la brouette. Plus de tas à équilibrer. Combien de jardiniers transportent consciencieusement leurs déchets verts à dix mètres pour les rapporter six mois plus tard au même endroit ? Beaucoup. J’en faisais partie.

Pourquoi lire Gertrud Franck aujourd’hui

C’est ce qui me convainc chez Gertrud Franck : la méthode vient du terrain. Pas de gourou, pas de dogme, pas de vocabulaire inventé pour vendre des stages. Une femme qui regarde son sol pendant des décennies et qui note ce qui marche. Le lecteur n’est pas sommé d’appliquer une recette. Il est invité à refaire le chemin, chez lui, sur sa propre terre. Quarante ans plus tard, ce qu’on présente comme des innovations (sol couvert, paillage permanent, fertilité produite sur place) est déjà là, sans tambour ni trompette.

Questions sur Mon jardin sauvage, fleuri et productif

À qui s’adresse ce livre ?

Le livre s’adresse aux jardiniers amateurs qui cultivent un potager biologique et veulent garder le sol couvert toute l’année. La méthode de Gertrud Franck repose sur des rangs espacés d’environ 50 cm, l’épinard semé au printemps comme engrais vert et le compostage en surface entre les rangs.

Où trouver Mon jardin sauvage, fleuri et productif ?

Le livre, publié par Terre vivante en 1986 (124 pages, ISBN 2-904082-11-5), est épuisé chez l’éditeur. Il se trouve d’occasion chez les libraires et sur les sites de livres anciens, ou en consultation en bibliothèque, notamment à la BnF.

Quelle différence avec Un jardin sain grâce aux cultures associées ?

Un jardin sain grâce aux cultures associées est la traduction française de l’ouvrage de référence de Gertrud Franck, Gesunder Garten durch Mischkultur (1980). Sa nouvelle édition, traduite par Patricia Bourguignon, a paru en 2013 chez Imagine un colibri (256 pages, notice BnF). Mon jardin sauvage, fleuri et productif est un autre livre, plus court, paru en France chez Terre vivante.

À lire avant d’acheter un composteur. Vous pourriez découvrir que votre jardin fait le travail tout seul, entre deux rangs d’épinards.

À lire aussi sur les jardins : le Dictionnaire amoureux des jardins d’Alain Baraton, Deux mille ans de jardins de Jacques Bosser et Alain Le Toquin et Le jardin d’Albert Kahn, un tour du monde botanique.

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