Deux mille ans de jardins de Jacques Bosser et Alain Le Toquin

Publié le 10 mai 2026
Deux mille ans de jardins
  • Titre : Deux mille ans de jardins
  • Auteurs : Jacques Bosser (texte), Alain Le Toquin (photographies)
  • Éditeur : La Martinière, 2006, réédité en 2011
  • Format : 319 pages, relié, 32 cm (2006) ou 26 cm sous étui (2011)
  • Genre : beau livre, histoire de l’art des jardins
  • Distinction : prix Redouté de la photographie artistique 2007 (notice BnF de l’édition 2006)

Il y a des livres qu’on n’ouvre pas, qu’on feuillette. Deux mille ans de jardins (éditions de La Martinière, première parution en 2006, réédité en 2011) semblait appartenir à cette catégorie. Vous savez, le beau livre qu’on pose sur une table basse et qu’on soulève pour faire la poussière. Je me trompais. Passé les premières doubles pages, on ne feuillette plus : on lit, on cherche, on revient en arrière.

Jacques Bosser au texte, Alain Le Toquin à la photographie. Le Toquin, photographe de formation scientifique (un DEA en écologie animale avant les appareils), a parcouru cinq continents et une vingtaine de pays pour constituer ce corpus de plus de 200 photographies. Bosser, journaliste et conférencier, signe des textes sobres et bien documentés qui ne cherchent pas à rivaliser avec les images mais à les ancrer. Le livre a reçu le prix Redouté de la photographie artistique. Ce n’est pas un accident.

Le principe est simple et l’ambition ne l’est pas : raconter deux mille ans d’histoire de l’art paysager à travers 80 jardins existants, depuis la villa d’Hadrien à Tivoli jusqu’aux créations contemporaines de Jacques Wirtz ou Jeff Koons. La progression n’est pas strictement chronologique — elle suit des typologies, des filiations, des logiques formelles. Jardins persans, chinois, médiévaux, à la française, baroques, botaniques, urbains : chaque grande famille est convoquée, mise en regard avec ce qui l’a précédée ou inspirée. Le livre pose une thèse discrète mais constante : les jardins ne s’inventent pas, ils se répondent.

Par exemple, la page sur le jardin japonais de Courances, en Île-de-France, nous dit que ce jardin créé au début du XXe siècle par Berthe de Ganay, à deux pas des grandes perspectives géométriques dessinées par les Duchêne, n’est pas une reconstitution fidèle : c’est une appropriation, une fantaisie raisonnée. Le texte note qu’elle a peut-être été inspirée par le jardin japonais d’Albert Kahn à Boulogne, autre entreprise de transposition de l’esthétique japonaise en sol français, autre façon de faire dialoguer deux traditions du rapport à la nature. Le rapprochement n’est pas gratuit : il illustre exactement le propos du livre, cette idée que l’histoire des jardins est une histoire de circulations, d’influences acceptées et transformées. Pour qui voudrait prolonger la lecture du côté d’Albert Kahn, le musée et ses jardins à Boulogne-Billancourt restent une destination évidente.

Ce qui distingue Deux mille ans de jardins des catalogues illustrés du même rayon, c’est précisément ce refus de l’exhaustivité décorative. Le choix des 80 jardins est argumenté, la mise en perspective historique tient la route, et Le Toquin ne photographie pas les jardins comme on les visite en cherchant l’angle pittoresque, mais en cherchant ce qui fait leur structure, leur tension interne. Les images sont souvent géométriques, presque sévères. C’est un parti pris cohérent avec le propos.

La réserve, mineure, tient au format : 319 pages, 2 kilos, 26 centimètres de haut pour la réédition de 2011 (32 pour l’édition de 2006). Ce n’est pas un livre qu’on lit dans le métro, il faut accepter de s’installer.

Questions sur Deux mille ans de jardins

Quelle édition choisir, 2006 ou 2011 ?

Les deux éditions, chez La Martinière, comptent 319 pages, avec le texte de Jacques Bosser et les photographies d’Alain Le Toquin. L’édition de 2006 est un grand format relié de 32 cm. Celle de 2011, plus compacte, mesure 26 cm et se vend sous étui.

Combien de jardins le livre présente-t-il ?

Le livre parcourt 80 jardins visibles aujourd’hui, de la villa d’Hadrien à Tivoli aux créations contemporaines. Alain Le Toquin les a photographiés dans une vingtaine de pays. Le classement suit les familles et les influences plutôt qu’une stricte chronologie.

Quels autres livres lire sur l’histoire des jardins ?

Le Dictionnaire amoureux des jardins d’Alain Baraton complète bien ce panorama par des entrées plus personnelles. Notre sélection de livres sur l’histoire et l’art des jardins classe dix titres selon l’usage : comprendre, offrir, flâner ou cultiver.


Un panorama rare qui traite les jardins comme des œuvres pensées et non comme des décors. À lire lentement, avec de la lumière. Voir aussi : Le dictionnaire amoureux des jardins.

Notes et votes

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