Les Catilinaires

Publié le 15 juin 2025
  • Titre : Les Catilinaires
  • Autrice : Amélie Nothomb
  • Éditeur : Albin Michel, 1995, puis Le Livre de Poche (1997)
  • Format : 209 pages (édition originale)
  • Genre : roman, quatrième livre de l’autrice
  • Distinction : prix du Jury Jean-Giono 1995 (notice BnF)

Les Catilinaires est paru en 1995 chez Albin Michel. C’est le quatrième livre d’Amélie Nothomb. Il a reçu le prix du Jury Jean-Giono la même année.

Émile a soixante ans, sa femme Juliette quelques années de moins. Ils ont passé leur vie active à attendre ce moment : la retraite, la maison de campagne, la solitude à deux. Ils ont trouvé la maison, dans les bois, à l’écart, exactement ce qu’ils voulaient. Leur voisin le plus proche s’appelle Palamède Bernardin. Au début du roman, il vient frapper à leur porte pour se présenter. Cela semble anodin.

Ce n’est pas anodin. Bernardin revient le lendemain, à seize heures. Puis le surlendemain. Puis chaque jour, à la même heure, jusqu’à dix-huit heures précises. Il s’assoit, il regarde dans le vide, il ne parle pas, ou presque pas. Ses rares interventions sont monosyllabiques et sans intérêt. Il prend le thé qu’on lui tend, mange les gâteaux, repart sans un mot. Et il reviendra le lendemain.

C’est ici que commence le vrai roman dans la question irrésoluble de ce qu’on fait d’un être humain dont la présence est intolérable mais qui ne commet rien d’illégal. Émile tente de parler à Bernardin, de le congédier poliment, de comprendre. En vain. Juliette s’adapte, avec la résignation de qui a appris à vivre dans l’absurde. Ensemble, ils regardent leur paradis se fissurer de l’intérieur.

Le titre renvoie aux Catilinaires de Cicéron : les discours que le consul romain prononça au Sénat contre Catilina, un ennemi intérieur qui sapait la République de l’intérieur. Bernardin est le Catilina d’Émile : une menace qui ne se nomme pas, qui ne s’affronte pas frontalement, qui ronge en persistant. Le roman est une variation sur ce thème : comment une présence passive peut devenir destructrice simplement parce qu’elle ne s’en va pas.

Nothomb pousse l’absurde jusqu’à ses limites, comme elle sait le faire. La figure de Bernadette, la femme de Bernardin qu’Émile finira par découvrir, relève du grotesque pur ; Nothomb ne lâche pas son côté féroce même dans un roman plus sombre que d’habitude. Mais ce qui reste après la lecture, c’est le portrait d’un cauchemar ordinaire : la liberté brisée non par la violence mais par la simple, inexpugnable présence de l’Autre.

Pour découvrir les fables cruelles et les autres livres d’Amélie Nothomb, notre guide propose trois parcours de lecture.

Un roman glaçant à sa manière : pas de sang, pas de cri, juste un homme assis dans un salon qui ne veut pas partir. Et c’est suffisant.

Questions sur Les Catilinaires

De quoi parle Les Catilinaires ?

Émile et Juliette, un couple de retraités, s’installent dans une maison isolée au fond des bois. Leur voisin, Palamède Bernardin, vient s’asseoir chez eux chaque jour de seize à dix-huit heures, sans presque rien dire. Le roman raconte comment cette présence muette détruit leur paix.

Pourquoi ce titre ?

Le titre renvoie aux Catilinaires de Cicéron, les discours prononcés au Sénat romain contre Catilina, accusé de conspirer contre la République. Chez Nothomb, Bernardin joue ce rôle d’ennemi de l’intérieur, une menace qui ne commet rien d’illégal mais ne part jamais.

Faut-il commencer Amélie Nothomb par Les Catilinaires ?

Ce roman court se lit sans rien connaître de l’autrice, mais il est plus sombre que la moyenne de son œuvre. Beaucoup de lecteurs entrent plutôt par Hygiène de l’assassin, son premier roman. Notre guide par où commencer avec Amélie Nothomb propose trois parcours.

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