Dans quel ordre lire Jules Verne

Publié le 13 juillet 2026
dans quel ordre lire Jules Verne

Jules Verne a écrit une soixantaine de romans entre 1863 et 1905, réunis sous le titre des Voyages extraordinaires. Difficile de tous les lire, et certains ont mal vieilli sur le plan scientifique, quand d’autres restent parfaitement lisibles aujourd’hui. Voici un classement pensé pour un club de lecture, non pas par ordre chronologique, mais selon ce qui a résisté au temps.

Les romans datés par la science

Ces récits reposaient sur des théories ou des espoirs scientifiques de leur époque, aujourd’hui dépassés. Ils gardent un intérêt historique et une naïveté touchante, mais leur postulat central peut faire sourire un lecteur moderne.

Voyage au centre de la Terre s’appuie sur l’idée d’une Terre creuse et de cavités habitables sous l’écorce terrestre, une hypothèse totalement invalidée par la géologie moderne. Le voyage reste spectaculaire, mais on le lit désormais comme une fable géologique plutôt que comme une hypothèse plausible.

De la Terre à la Lune et sa suite Autour de la Lune imaginent un envoi d’hommes sur la Lune au moyen d’un canon géant. Les calculs de Verne sont soignés pour l’époque, mais l’idée d’un tir au canon capable de propulser des passagers sans les écraser sous l’accélération ne tient pas face à la physique.

Sans dessus dessous pousse l’incongruité scientifique encore plus loin, avec un projet visant à redresser l’axe de la Terre pour exploiter des gisements de charbon au pôle. Le postulat est si éloigné de toute réalité géophysique qu’il fonctionne surtout comme curiosité.

Robur le conquérant et sa suite Maître du monde misent sur des machines volantes à hélices multiples, plus proches de fantasmes d’ingénieur que d’une anticipation crédible de l’aviation, qui a pris une tout autre direction quelques années plus tard.

Les romans qui restent chouettes

Ces récits reposent moins sur une prouesse scientifique précise que sur l’aventure, les personnages ou la description du monde. Ils traversent le temps sans grincer.

Le tour du monde en quatre-vingts jours suit le pari de Phileas Fogg à travers les moyens de transport de son époque. L’enjeu n’est pas une invention technique mais une logistique et un rythme, ce qui rend le roman toujours agréable à lire.

Vingt mille lieues sous les mers doit sa longévité au capitaine Nemo bien plus qu’à l’exactitude technique du Nautilus. Le sous marin a certes été dépassé par la technologie réelle, mais le personnage et l’atmosphère du roman portent encore le récit.

Les enfants du capitaine Grant est un roman d’aventure et de géographie, construit autour d’une recherche à travers plusieurs continents. Aucune invention scientifique fragile n’y sert de pivot, ce qui le préserve de l’usure du temps.

Michel Strogoff repose sur une intrigue d’espionnage et de traversée de la Russie, sans dimension technologique. C’est sans doute l’un des romans de Verne les plus proches d’un roman d’aventure classique, et l’un des plus faciles à recommander aujourd’hui.

L’île mystérieuse, malgré quelques éléments datés, tient surtout par son récit de survie et d’ingéniosité collective, dans la tradition du roman de robinsonnade, un genre qui n’a pas besoin d’être à jour scientifiquement pour fonctionner.

Une entrée en matière logique serait de commencer par Le tour du monde en quatre-vingts jours ou Michel Strogoff, avant d’aborder Vingt mille lieues sous les mers, puis de garder les romans les plus datés pour une séance dédiée à la façon dont la science fiction du dix-neuvième siècle imaginait l’avenir.

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