Sa majesté des mouches de William Golding : le classique de la violence enfantine

Publié le 14 janvier 2025
Sa majesté des mouches

William Golding est un écrivain britannique né le 19 septembre 1911 à Saint Columb Minor, en Cornouailles. Il est surtout connu pour Sa Majesté des Mouches, publié en 1954. Golding a étudié les sciences naturelles à l’Université d’Oxford avant de devenir enseignant. Pendant la Seconde Guerre mondiale, il a servi dans la Royal Navy, expérience qui a profondément influencé ses réflexions sur la violence et la civilisation. Il a reçu le prix Nobel de littérature en 1983 et est décédé en juin 1993.

L’histoire

Un groupe de garçons anglais survit à un accident d’avion et se retrouve sur une île déserte, sans adultes. Ils élisent un chef, Ralph, et décident de s’organiser : entretenir un feu pour attirer les secours, construire des abris. Mais un autre garçon, Jack, préfère chasser. Progressivement, la discipline collèctive s’effrite. Les chasseurs se peignent le visage, deviennent violents, finissent par tuer l’un des leurs. La peur d’une bête imaginaire accélère la désintégration du groupe.

Ce que le livre dit de nous

Le roman de Golding est une fable politique autant que morale. En 1954, dans le contexte de l’après-guerre, la question qu’il pose est directe : qu’est-ce qui retient l’homme de la barbarie ? Sa réponse est sombre. Ce ne sont pas les valeurs, ni la raison, mais simplement la contrainte sociale et l’autorité extérieure. Sans elles, la brutalité s’installe naturellement. C’est cette vision pessimiste de la nature humaine qui fait la force durable du livre, et aussi sa part la plus débattue.

Le livre est souvent étudié au collège et au lycée. C’est une porte d’entrée efficace vers des questions philosophiques plus larges sur le contrat social, que l’on retrouve chez Rousseau (l’homme est bon, c’est la société qui le corrompt) ou Hobbes (l’état de nature est une guerre de tous contre tous). Golding prend clairement parti pour Hobbes.

Sa Majesté des Mouches, William Golding, 1954. Traduction française : Lola Tranec-Dubled (Gallimard, collection Folio).

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