Crossfire tome 4, Godfinger

Publié le 8 mai 2010

Quatrième opus des aventures d’Angelo Costanza

La bande dessinée a ses propres plaisirs coupables, et Crossfire en est un exemplaire parfait. La série de Yves Sente et Romain Goupil ne cherche pas à réinventer le genre : elle assume pleinement ses références — James Bond, le Parrain, Indiana Jones, Da Vinci Code — et les assemble avec une efficacité franche. C’est du divertissement calibré, sans prétention et sans défauts majeurs. Godfinger, le quatrième tome, ne déroge pas à la règle.

La série Crossfire : Vatican, mafia et secrets anciens

Angelo Costanza est le meilleur tueur d’un parrain de la mafia new-yorkaise. Pour régler une dette d’honneur envers le Saint-Siège, le parrain met Costanza à la disposition du Vatican. La série s’organise autour de cette alliance improbable : un tueur professionnel au service d’une institution deux fois millénaire, confronté à des secrets vieux de vingt siècles. Le fil directeur est l’Opus Dei, les Templiers, les archives secrètes — tout ce que le Da Vinci Code a popularisé, mais en bande dessinée et avec de l’humour.

Les trois premiers tomes — Mourir et laisser vivre, Au service de sa sainteté, Opération Judas — construisent la relation entre Costanza et ses commanditaires ecclésiastiques. Le quatrième tome prolonge la même logique avec une nouvelle intrigue qui plonge le personnage dans des secrets remontant aux origines du christianisme.

Godfinger : le titre dit tout

Le titre est déjà un programme : Goldfinger détourné en Godfinger, soit la formule James Bond appliquée à Dieu et à ses mandataires. L’humour de la série fonctionne sur ce registre : des références pop en permanence, des situations qui basculent du thriller à la farce et retour, une mauvaise foi joyeuse qui désamorce les situations les plus invraisemblables. Costanza est un personnage fondamentalement absurde — un mafieux croyant au service de la papauté — et la série joue cette corde sans jamais la rompre.

Le dessin : une réussite graphique

Romain Goupil assure un travail graphique soigné : le trait est précis, les décors variés, la mise en page dynamique. La lisibilité de l’action est totale, les scènes de poursuite et les confrontations sont bien construites. La palette chromatique, plus sombre dans les scènes d’action que dans les épisodes comiques, accompagne correctement les changements de registre.

C’est une bande dessinée nerveuse et divertissante, qui tient ses promesses sans chercher à les dépasser. Pour qui a aimé les trois premiers tomes, Godfinger est une suite logique et satisfaisante.

Planche Crossfire tome 4, Godfinger

Un divertissement efficace et sans ambiguauté sur ce qu’il est. À lire dans l’ordre depuis le premier tome pour profiter des références accumulées.

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